2022 Norvège Baltique

9ème saison du Cornalin 2022 :

BAS LES MASQUES !
On ne parle plus du Covid, mais bien de la guerre qui se déroule en Ukraine. Inquiétant !

Dimanche 17 avril
A Oslo nous savions que nous devions récupérer nos bagages, les faire réenregistrer et repasser les guichets de douane et de sécurité. Alors nous nous rendons au tourniquet no 9 pour attendre nos bagages… qui n’arrivent pas ! On se rend alors compte que ce n’est plus au poste 9 que les bagages vont arriver mais au numéro 2 qui se trouve à l’opposé. Pas de course. On attend nos bagages qui n’arrivent toujours pas et on voit subitement le tourniquet se bloquer ! Après quelques minutes, Dominique enjambe la piste du tourniquet, grimpe sur le tapis d'éjection, se fait engueuler... pas permis, pour voir s’il y a moyen de faire quelque chose., le tapis roulant d'éjection des bagages est bloqué, jurons.

Alors nous nous rendons au guichet des réclamations pour bagages et là, une charmante dame nous dit très gentiment : « Ne vous faites pas de souci, vos bagages vont directement à Bodö » ! Sprint jusqu’au portique de sécurité, sprint jusqu’à la porte d’embarquement : nous sommes les derniers à monter dans l’avion.

Arrivés à Bodö à 23h30, nous nous attendons à retrouver nos bagages. Et bien non ! Ils arriveront le lendemain matin. On nous offre une trousse de toilette de survie.

On quitte l’hôtel pour le chantier naval, surprise, pas d’eau, pas de toilettes extérieures, chauffage en panne, on est en mode survie. C’est lundi de Pâques jour férié, il faut serrer les fesses…. Un ouvrier de passage heureusement nous donne accès à un point d’eau, on peut mettre 100 litres dans un réservoir.

Un thé pour se réchauffer … un goût bizarre selon Thérèse ? Bizarre tellement bizarre que l’eau chaude est verte !! un beau vert pâle ! de la même couleur que l’eau de refroidissement du moteur ! Ya comme un problème ? La seule explication c’est que le chauffe-eau, qui pour chauffer l’eau sanitaire, utilise soit l’eau de refroidissement du moteur (90deg.) soit de l’électricité 220V.  Le chauffe-eau a gelé pendant l'hiver et il s'est probablement fendu et a permis le mélange entre l'eau sanitaire et l'eau de refroidissement.

En résumé le chauffe-eau est mort ! 1200 Fr. la réparation et beaucoup d’huile de coude !

Nous passerons 15 jours sur le chantier naval durant lesquels Dominique fait d’importants travaux d’entretien, prévus ou pas ! Comme le chauffe-eau qu’il a fallu changer.

Nous sommes retournés en hiver. Grand beau pendant une semaine, mais il fait froid, et dès que le vent se met à souffler, il nous transperce et nous gèle en un rien de temps ! On a dû s’acheter un petit chauffage électrique.

La deuxième semaine est plus tourmentée : grésil, giboulées, bruine, pluie et forts vents, il faut prendre garde à ne pas glisser ! Mais les travaux avancent et le 29 avril nous mettons le bateau à l’eau sans problème. Nous restons 15 jours dans la marina de Bodö pour continuer des travaux de finition, notamment d’isolation.

De retour du Spitzberg, l’année dernière, trop fatigués pour entreprendre des travaux de maintenance, il a bien fallu pomper les fonds, dus en très grande partie à de la condensation. C’est 100 litres d'eau de condensation que nous avons retirés des fonds !


Il n’est pas rare, le matin de trouver le Cornalin, ainsi que les pontons, recouverts d’une fine couche de neige. Le printemps a de la peine à s’installer ici, mais il y travaille ! Ça commence à bourgeonner et les températures sont en légère hausse…. au moins 2deg de plus !


Dominique est fier et heureux : son chauffage (qu’il a modifié) démarre au quart de tour, et l’eau chaude fonctionne avec un mitigeur en sortie du boiler. Il poursuit l’isolation du local technique, travail lent et minutieux-

Nous avons retrouvé « IMRAM », le bateau des Français de Chambéry (Emmanuelle et Michel) que nous avions rencontrés l’année dernière à Bodö et revus à Harstat. Ils partaient pour l’Islande. Mais en pleine mer de Norvège, les deux safrans ont cassé dans des vents de 50knt. Ils ont attendu les secours pendant 30 heures. C’est finalement les garde-côtes qui les ont remorqués jusqu’aux Lofoten, puis le SAR (Search and Rescue) a pris le relais. Mais ces derniers ont exigé un montant de 4000 € !!!

Ils se sont souvenus que nous les avions invités l’année dernière et nous ont rendu l’invitation. Encore une bonne soirée !

Nous avons retrouvé également « QILAK » et son capitaine Philippe avec qui nous avons passé une bonne soirée. Il fait du charter dans le Nord : Spitzberg, Groenland…

Entre les travaux d’isolation, Dominique faisant la chasse à la condensation, nettoyages et rangements, nous sommes prêts à accueillir Jessica et Antoine qui arrivent en ce samedi 14 mai.


Dimanche 15 mai Bodö
Trop de vent, trop de pluie, trop de vagues… nous renonçons à partir aujourd’hui. Le vent a soufflé toute la nuit et a fini par déchirer un bout de la fermeture éclair de la capote. Dominique s’est fait couturier en recousant la fermeture éclair du taud.
Le soir, nous nous sommes régalés avec un kilo de crevettes achetées au pêcheur.

Lundi 16 mai Bodö- Kjerringöy
Départ 9h15. Navigation musclée jusqu’à Kerringöy. Amarrage un peu « rock’and roll »… ! Il faut se réhabituer aux manœuvres ! Nous sommes contents d’arriver et de pouvoir nous réchauffer. C’est un joli port, autrefois important comptoir commercial. Il perdit son intérêt avec l’arrivée de la vapeur, le port étant trop petit pour accueillir de gros navires.
Le site fut choisi par les cinéastes.





C'est la saison du COD (Cabillaud)

Mardi 17 mai Kerringöy-Nordskot
Aujourd’hui c’est fête nationale en Norvège : c’est la fête de la Constitution.

Dominique nous avait annoncé une sublime journée de navigation. Mais la météo est capricieuse et pas fiable. Levés à 6 heures, partis à 7 heures en direction des Lofoten, 24 miles plus tard le froid a eu raison de nous et nous avons rejoint le port de Nordskot. 


Non sans avoir tenté de pêcher. Nous avons attrapé un poisson miniature jugé trop petit pour quatre et donc relâché.

Indigne de nos prétentions de pêche... sera remis à l'eau.

Amarrage calamiteux ! Antoine et Jessica partent en balade.




Mercredi 18 mai Nordskot-Skrovöya
Partis à 9 heures après une nuit un peu houleuse, le calme est revenu et nous avons navigué en direction des îles Lofoten. Notre arrivée aux Lofoten a été saluée par une baleine qui faisait des aller-retours à quelques dizaines de mètres du bateau.

C’est dans le petit port de Skovöya que nous passons la nuit. Nous faisons le tour de l’île sous un ciel bleu et un soleil éblouissant. Ici, les étendages à morue sont déjà vides.




Ancien port de pêche à la baleine... La pêche à la baleine est toujours en activité, mais seul le petit rorqual commun est pêché, 300 unités sur un total de 100'000 baleines sont prélevés dans les eaux norvégiennes.
Malgré les apparences cette sorte de baleine est en progression.


Antoine et Jessica partent en promenade sur les collines et nous ramènent de sacrément belles photos!








Jeudi 19 mai Skrovöya-Svolvaer
Aujourd’hui, entre plusieurs tentatives de pêche, nous visitons le Trollfjord, encore déserté par les touristes qui ne tardèrent pas à arriver par dizaines peu après notre départ. C’est un fjord célèbre par son étroitesse et les pics qui le surplombent. 





Alors les touristes on joue à Titanic?



Départ juste avant l'arrivée d'une meute de hors bords promène-touristes!


C’est une journée magnifique avec un ciel bleu et un soleil radieux. Nous arrivons dans le port de Svolvaer, ville principale des Lofoten. 


Dès l’approche du port, on aperçoit de nombreux séchoirs à morue… avec l’odeur qui va avec !!! Jusqu’à aujourd’hui je n’avais jamais mesuré l’ampleur de l’expression « ça pue la morue ». Maintenant je sais, l’odeur est répandue dans toutes les îles des Lofoten.


Ce soir restau dans le cadre d’un ancien entrepôt de poissons.

Vendredi 20 mai Svolvaer
Temps acceptable jusqu’à la mi-journée puis petite pluie intermittente, froid, humide.

Pendant que nos deux jeunes vont randonner et faire l’équivalent d’un Salève, nous faisons quelques courses et achats pour le bateau.






Le soir, Antoine nous offre un passage au Magic Ice, vaste local où sont exposées et en toute saison, des statues de glace illuminées, sur fond sonore. Evidemment nous n’y restons pas très longtemps, il y fait --5° !!! On bois des cocktails dans des verres en glace!


La reine des glaces sur son trône...







Sur le chemin du retour nous passons devant un pub dans lequel nous nous arrêtons. Ambiance, musique, belle fin de journée !

A minuit il fait toujours jour. A ce moment de l’année la durée du jour est de 21 heures.

Samedi 21 mai Svolvaer-Hennigsvär
Nous partons vers 9h30 avec une visibilité réduite due à la brume. Nous cessons de pêcher après avoir attrapé un troisième poisson. 



Schtroumpfe orange à la barre.

Nous nous arrêtons dans le petit village très pittoresque de Henningsvär.

A 20h15 le soleil est réapparu, éblouissant.

Nous mangeons nos 3 colins qui nous ont pleinement rassasiés.






Antoine en profite pour faire voler son drone et nous gratifie de magnifiques vues

Dimanche 22 mai Henningsvär-Reine
Temps couvert, pas beaucoup de visibilité, ni de vent. Un peu bringuebalés en début de nav, ça se calme et nous arrivons à Reine avec de la brume, voire du brouillard. Impossible de voir le paysage, les montagnes alentour !

Les photos ne seront prises que le lendemain matin



Et encore du cod
Lundi 23 mai Reine-Vaeröy
Nous partons un peu plus tôt pour consacrer du temps à la pêche. Le brouillard s’est levé, mais le soleil n’apparaîtra qu’en milieu de matinée et laissera place à un ciel bleu.

Nous nous dirigeons vers le sud des Lofoten pour aller pêcher dans les eaux agitées du Moskenesstraumen (maelström). Rien de rien, le poisson ne veut pas mordre…

D’après Jules Verne (20.000 lieues sous les mers), nous n’aurions pas dû survivre à ces tourbillons ! Il a un peu exagéré, non ? La preuve !

Nous persévérons notre partie de pêche jusqu’au moment où le fil de pêche se coince sous le bateau !!!

Direction la petite île de Sörland et plus précisément le petit port de Vaeröy. Sitôt arrivés Antoine décoince le fil de pêche sans problème. Ouf ! pas besoin de plonger !



Randonnée pour les jeunes et petite balade pour les seniors en quête d’avitaillement.

Photos des jeunes en balade


Station de l'Otan.... 


Le nouveau ptit mousse daigne enfin  essayer son costume de bal (= combinaison de survie)


Mardi 24 mai Vaeröy-Fredvang
Nous partons à 8h30 et longeons le maelstöm en faisant des tentatives de pêche. Et tout à coup bingo ! 2 énormes lieus noirs, de plus de 2 kilos. Nous n’en gardons qu’un.

Le Schtroumpfe pêcheur a gagné sa pitance, grâce à Antoine à la barre qui repère les poissons au sondeur





Un peu après Reine, nous nous enfilons dans un fjord, puis passons sous un pont avant d’arriver dans le port de Fredvang, petit port de pêche avec une très jolie plage de sable blanc et eaux turquoise auxquelles nos deux jeunes ne résistent pas ! Un bain à 7-8 degrés…. Courageux !

Des plages de sable blanc...

Nous mangeons notre poisson apprêté avec des pommes, oignons, ail, zestes de citron, huile d’olive et jus de citron : un délice !



Archimède doit se retourner dans sa tombe.
Mercredi 25 mai Fredvang-Napp
Partis à 9h15 avec l’intention de faire 35 miles, mais le vent souffle déjà par rafales. Ne suis pas très heureuse de partir dans ces conditions. Les rafales se succèdent et augmentent jusqu’au moment où il n’est plus possible de tenir le cap. Nous cherchons un abri et Napp semble le plus proche. Le vent et l’éolienne, qu’on a failli perdre, faisaient un bruit infernal. C’est un petit golfe agité par les courants et tourbillons qui nous amène dans le petit port désert de Napp. On tente une sortie à la fabrique de sel aux algues et la pluie se met à tomber.









Jeudi 26 mai Napp-Ulvagen
Le cap nous fait lever à 4h30 pour fuir au plus vite cet endroit agité. Des courants contraires nous ralentissent, mais à la sortie du golfe, la mer devient plus calme. 






Nous naviguons quelques heures puis c’est à nouveau le moment de la pêche. Quelques essais infructueux et c’est le jackpot :3 d’un coup ! 2 lieus noirs de taille plus que respectable que nous rendons à la mer et… enfin un cabillaud de grande taille, 7 à 8 kg !!! Jubilation !







En plus du cod, il y a 2 lieus noirs qu'il faut remettre à l'eau, trop pour nous 4!


Boucherie au programme.
Nous reprenons notre nav pendant que Dominique dépèce le poisson et en lève les filets. Opération délicate pour un pêcheur novice.

Consécration de la pêche.... les goélands sont de la partie.


On arrive enfin à Ulvagen où l’amarrage n’est pas simple en raison du vent. Le capitaine, un peu stressé par la manœuvre nous hurle des ordres que nous essayons d’exécuter tant bien que mal et qui génère un fou rire chez les mousses de service, sauf Antoine qui reste stoïque.

Le cabillaud est cuisiné à la sauce moutarde, citron crème par Jessica et Antoine. Oun délice !

Vendredi 27 mai Ulvagen-Bodö

Partis à 7h30 pour 14 heures de nav dont 2 heures à la voile. Soleil au départ, puis brouillard, courants et vents contraires nous accompagnent et nous font craindre un amarrage difficile à Bodö. 
Antoine et Jessica se relaient à la barre sans problème.







Un nœud à l'endroit.... un nœud à l'envers
Nous aurons quelques heures de voiles puis ce sera moteur avec une forte dégradations des conditions météo.







Nous arrivons enfin à notre point de départ, heureux, mais un peu HS !




Samedi 28 mai Bodö
A midi on mange du cabillaud pour la deuxième fois. Le soir c’est pizzeria !

Dimanche 29 mai Bodö
Pour terminer le séjour de Jessica et Antoine en beauté nous allons prendre le petit déjeuner au Thon Hôtel qui offre un buffet faramineux.


De retour au bateau Antoine et Jessica s’attellent au tri des photos jusqu’à l’heure du départ pour l’aéroport. Nous les accompagnons et quittons nos précieux équipiers. De retour au bateau, on s’occupe, qui de remplir le réservoir d’eau, qui de laver les gants du cap qui puent le poisson etc..

Le soleil est radieux, les terrasses sont pleines et il y a la queue devant le marchand de glace. On se croirait en plein été.

Et tout à coup qui voyons-nous réapparaître dans le bateau ? Antoine et Jessica ! Leur vol a été annulé, ils ne repartiront que le lendemain matin.

Nous mangeons donc pour la troisième fois… DU CABILLAUD !