2019 – Norvège

Up to Bodo
Jeudi 27 juin
Nuit paisible, l’ancre a bien tenu. Nous continuons notre navigation entre les îles à l’aspect lunaire, parfois recouvertes d’un peu de végétation. Et nous arrivons dans le port de SKJOERHALDEN : nous sommes en NORVEGE !!!
Et le Premier souci du capitaine : engager les formalités douanières. Le garde du port n’est pas au courant, l’office du tourisme non plus… Il faudra attendre le lendemain pour agir.
Vendredi 28 juin
Après une bonne nuit, Dominique appelle les douanes. Il tombe sur une personne qui n’est pas capable de répondre aux questions du cap. Une autre personne au bout du fil nous propose un itinéraire pour aller au poste de douane le plus proche. Nous lui rappelons que nous sommes en bateau et que nous ne pouvons pas prendre l’autoroute comme elle nous le propose. -Attendez une minute, je vais en référer à mes collègues.
Elle revient et nous dit : « Have a nice trip in Norway ! Bye, bye ! » La cave est sauvée ! Et nous partons pour une longue traversée du Skagerrak de 8 heures. Avec un vent qui a forci. Nous ancrons dans la jolie baie de BREVIK.
Samedi 29 juin
A 6h30 réveil. Il faut avancer avant que le vent ne devienne ingérable. Et nous avons le temps de nous enfiler dans un fjord très pittoresque, mais malheureusement très fréquenté par des hors bords. On cherche un abri qu’on finira par trouver dans une minuscule baie, BOROYKILEN, bordée d’un côté par de somptueuses propriétés et de l’autre des roches et des forêts.
On ancre dans un mètre de fond. Un habitant nous crie de ne pas ancrer là et vient nous rejoindre avec sa barque : il craint que nous touchions le fond à cause de la marée (30 cm !). il ignorait bien sûr qu’on pouvait s’échouer.
Un monsieur charmant qui travaille sur une plateforme pétrolière et nous assure de son aide en cas de besoin. Avant de nous quitter il nous informe qu’une « party » a lieu un peu plus loin, au fond de la baie, il nous invite à y aller à 19 heures. Nous décidons d’y aller.
Dominique pagaie jusqu’à la propriété où a lieu la party.
Des embarcations sont déjà amarrées, d’autres arrivent encore. Il y a du monde, une centaine de personnes venues assister à un vernissage. Il y a des discours dont nous ne comprenons pas un traître mot. Nous visitons la propriété qui est magnifique et qui comporte, outre la maison de maître, plusieurs pavillons. Des sculptures sont exposées dans le jardin. Un orchestre est installé dans un autre pavillon.
Nous admirons dans un pavillon des photographies géantes et décalées, des bijoux dans une matière qui ressemble à de l’argent et des tableaux en relief, tissés, enchevêtrés dans une matière que je ne reconnais pas, et de la poterie ! Bon, se dit-on. On a fait le tour, on ne connaît personne, on ne comprend pas la langue, rentrons ! En regagnant l’annexe, on voit un homme et une femme attablés au bord de l’eau. Nous leur disons « Hello » !
Et la conversation (en anglais, of course !) s’engage. -Restez avec nous, nous ne connaissons pas grand monde et avons besoin d’amis ! Nous passerons la soirée à discuter avec eux, en buvant un verre de rouge. Ils nous présenteront même au ministre norvégien du Foreign Office (du parti des Labors) qui nous serrera la main !
En réalité, monsieur est un artiste « en installation » (sur internet j’ai vu qu’une installation artistique est une œuvre d’art visuel en trois dimensions, souvent crée pour un lieu spécifique, in situ) et madame secrétaire, je pense. Nous rentrons vers 23 heures, alors qu’il fait encore jour !
Dimanche 30 juin
On dort peu, mais bien, 7h30 départ pour ARENDAL, heureusement qu’il n’y a que 8 miles, car à 8 heures le vent a déjà atteint plus de 20 knts. de face.
Nous nous enfilerons dans un fjord pour progresser à l’abri du vent.
Nôtre première plateforme pétrolière.
Nous allons rester 2 nuits et attendre que les éléments se calment.
Lundi 1er juillet
C’est souvent dans les sanitaires que nous faisons des rencontres… ! On entend parler français… ça fait du bien ! C’est un équipage de 6 membres sur Biwi, qui après quelques échanges nous invitent à un apéro sur leur bateau. C’est la première invitation depuis qu’on est parti. On promet de les inviter à notre tour si on les recroise.
Mardi 2 juillet
8h30 départ. Nos Français sont déjà partis. 8 heures de nav avec rafales de vent à plus de 25 knts. Le trouillomètre n’est pas au plus bas, mais pas loin ! On prend un ris, puis 2 dans la GV et 2 dans le génois.
Arrivés à Kristiansand nous retrouvons Sylvie, Francine, Maryse, Philippe, Didier et Louis et chose promise, chose due, apéro sur le Cornalin !
Mercredi 3 juillet
Nous cherchons à acheter une bonbonne de gaz. Pas une mince affaire, car il faut que le régulateur soit compatible. Nous allons dans plusieurs magasins, faisons un tour au marché aux poissons.
Jeudi 4 juillet
9 degrés ce matin. Lessive, entretien du bateau.Visite de la cathédrale dont les plafonds sont en bois. Elle est belle, sobre. Puis musée de l’art qui expose des artistes danois. Et bain de foule dans les rues piétonnes où se tient une immense braderie. On retourne au fishmarket et faisons les derniers achats au « Kiwi » du coin.
Vendredi 5 juillet
Levés à 5 heures. On veut avancer avant que le vent (de face évidemment) ne forcisse. Mais les rafales deviennent de plus en plus fortes et nous secouent. Nous arrivons vers un pont annoncé 19 mètres de hauteur sur une carte et 16 sur une autre.
Qui croire ? Il nous faut 17 mètres pour passer dessous. On fait demi-tour avant de se raviser. Dominique approche tout doucement, de travers, prêt à faire demi-tour, propulseurs prêts à l’emploi. Moi, je préférerais mettre la tête dans le sable comme une autruche… Et tout à coup j’entends : » ça passe ! » Ouf ! on a eu chaud ! Nous nous amarrons dans le petit port de Baly.
Samedi 6 juillet
Rebelote : levés à 5 heures, car comme hier, le vent toujours de face, va forcir. Il pleuvine, tout est froid, humide et brumeux. 9 degrés, donc tenue de ski! 3 heures plus tard nous arrivons à Farsund, joli port et retrouvons BIWI, l’équipage français. Vers 13h15 Philippe et Sylvie viennent nous chercher pour participer à un tour de ville gratuit. Lorsque nous arrivons sur la place une gay pride est en train de défiler !
Notre guide est une institutrice en vacances qui nous fait les honneurs de sa ville.
C’est un personnage haut en couleurs : habits d’époque, robe épaisse en laine rouge, cape, un gros écusson autour du cou, chapeau, et un énorme trousseau de clés pendu à sa taille.
Elle est accompagnée d’un homme qui tient une lanterne et une longue tige ornée d’une boule hérissée de piques.
Fantôme de l’opéra…
Pendant près d’une heure elle nous raconte sa ville, ancien repaire de flibustiers, les incendies, les marins russes mis en quarantaine et reconnaissants d’avoir été soignés qui payaient avec des pièces d’or qui ont servi à construire l’église. Le soir, bel apéro sur Biwi.
Dimanche 7 juillet
Nous faisons quelques achats, car c’est apéro chez nous ! Puis une balade sur les hauteurs pour admirer le fjord.
L’apéro se fera dans le carré, serrés les uns contre les autres. Mais c’est gai, drôle et chaleureux. Biwi nous a offert une planchette japonaise pour améliorer nos performances en matière de pêche (qui, à ce jour, sont nulles !)
Lundi 8 juillet
Dominique hésitait à partir ce matin, mais comme il a trois problèmes à résoudre…
Le chauffage du bateau qui dégage de la fumée, un problème de cartographie sur laquelle le Spitzberg n’apparaît pas (scandale !!!) et la pompe à chaleur de la maison qui a chauffé la maison à 30 degrés.
Et voilà que notre charmante guide vient nous apporter un sachet contenant des informations touristiques sur Farsund ainsi que deux petits pains ronds. Balade et pour clore la journée, un concert d’un Big Band Mogàn avec une chanteuse des Caraïbes !
Pas trop motivé, le cap. s’éclipse pour aller visiter un bateau musée itinérant.
Belle timonerie
Mardi 9 juillet
Beau 12 degrés. On se réveille beaucoup trop tôt et vers 5h15 nous assistons au départ de Biwi qui en deux jours et 9 heures atteindra Inverness en Ecosse.
Nos bonnes résolutions d’avancer un maximum tombent avec le manque de sommeil et nous nous arrêtons dans la magnifique île de Hydra.
On y pénètre par un cirque de montagnes, de la roche brute, nue et tout au fond du fjord une église et des maisons qui bordent l’eau. On s’amarre devant le restaurant dans lequel nous avons l’intention de goûter à la gastronomie norvégienne. On y dégustera une salade ainsi qu’une délicieuse soupe de poissons.
Mercredi 10 juillet
Départ 7 heures et très vite le vent forcit, Dominique choisit de passer entre les îles. On longe un univers minéral, de la roche grise, parfois recouverte d’un petit duvet vert et de temps en temps, on aperçoit quelques maisons nichées au creux d’une montagne.On s’enfile plus tard dans le fjord de Egersund, très industriel : construction de plateformes pétrolières, usine d’éoliennes. Un peu plus loin le paysage se modifie, des prairies et des collines plantées de belles forêts bien vertes. Ça nous rappelle un peu le Jura. Nous nous arrêtons à Sitevär, port de pêcheur, pas plaisancier, mais néanmoins praticable et … gratuit !
Jeudi 11 juillet
Partis à 6h45, nous naviguons longtemps pour arriver à Haugesund où nous passons la nuit devant un shipchandler.
Vendredi 12 juillet
Partis à 7 heures, nous traversons des fjords, calmes comme la surface d’un lac. Le ciel est couvert, mais peu à peu il fera place à un soleil éclatant qui nous accompagnera jusqu’à Hjellestad. Pas de vent ou si peu.
Samedi 13 juillet
Avec les avions qui survolent la zone jusqu’à minuit et qui reprennent leurs vols à 6 heures du matin On n’a qu’une envie c’est de quitter cet endroit ! Il fait frais, le temps est couvert, mais très vite le soleil apparaîtra.
Nous arrivons à BERGEN vers midi. Des bateaux de touristes « sightseeing tours » côtoient des tankers et remorqueurs. C’est un joyeux méli-mélo. Mais tout au fond de la baie, sur les rives de la ville nous apercevons des barques, voiliers et bateaux à moteur à couple jusqu’à 3 ou 4. Nous cherchons une place, avisons un grand bateau suisse, mais décidons de nous mettre à couple avec un bateau polonais qui quittera Bergen dans l’après-midi. Aussitôt les Polonais partis, nous prenons leur place à quai et des Suédois viennent se mettre à couple.Nous sommes en plein centre de Bergen, à côté de l’office du tourisme et du marché aux poissons couvert, devant la place Torget où se tient un marché quasi permanent de poissons, crustacés, caviars et autres dérivés avec petite restauration.
Dimanche 14 juillet
C’est assez calme. Mais bientôt les paquebots déverseront des milliers de touristes qui envahiront les lieux. Nous visitons le quartier de Bryggen, quartier hanséatique, autrefois une ville dans la ville dirigée et jalousement gardée par les Allemands, notamment par la ville de Lübeck, jusqu’au XVème siècle. Nous visitons le musée archéologique de Bergen. On apprend que Bergen a été la victime de 9 incendies au cours des siècles. L’après-midi nous visitons le musée hanséatique avec un guide. Sommes déçus, une partie n’est pas visible, car en rénovation.
Lundi 15 juillet
La matinée se passe à trouver un shipchandler pour résoudre le problème de la cartographie qui n’affiche toujours pas le Swalbard… On fait chou blanc, à part une carte papier que l’on trouve dans une librairie.Un bateau allemand est venu remplacer les Suédois. Des Allemands qui nous ont immédiatement invités à boire un verre (de bière of course !).
Mardi 16 juillet
Excursion au mont Ulriken 643 mètres qui domine Bergen et les fjords environnants. La montée en funiculaire se fait en 7 minutes. Nous en avons mis 45 pour monter à pied ! C’est notre tour d’inviter nos voisins,, mais au retour de l’avitaillement, un troisième bateau est venu s’amarrer. Alors nous l’avons aussi invité à l’apéro !
Mercredi 17 juillet
Presque 11 heures de nav, à traverser des fjords qui ressemblent à d’immenses lacs, des défilés entre de hautes murailles grises, un peu lugubres lorsque le soleil disparaît, ainsi que des paysages lunaires et des montagnes recouvertes de forêts de conifères, surtout des pins et des épicéas. On s’enfile dans un petit passage qui débouche sur une baie calme, déserte, sans un pli. On s’ancre, c’est un oscar !
Attention il y a un piège dans une des photos!

Jeudi 18 juillet
Ce matin le temps est couvert, le soleil n’est pas loin, mais c’est la pluie qui est annoncée. On navigue jusqu’à Floro où nous rencontrons un bateau « Melchior » qui est allé au Spitzberg. Avant d’arriver au port nous entendons un « mayday relay » qui indique qu’un homme est à la mer… C’est inquiétant, mais cela ne concerne pas notre zone de navigation.

Eglise?… non! phare!
Il pleuvine depuis que nous sommes arrivés.

Et un beau remorqueur.

Vendredi 19 Juillet
Il a plu cette nuit et ce matin le temps est couvert. Nous suivons la ligne de l’Hurtigruten, l’express côtier. Nous naviguons entre îles et îlots sous un ciel gris, froid, Le soleil fera son apparition dans la matinée et éclairera cet environnement minéral et végétal d’un éclat qui le rendra majestueux.

Nous allons sur le minuscule îlot de Silda qui a un port minuscule, donc peu fréquenté. Le soleil brille, on a trop chaud ! Nous allons faire le tour de l’île, c’est vite fait et il n’y a qu’un seul restaurant sur pilotis, On s’assoit pour prendre un verre et finalement tentés par des scampis et un plat de bacalhau, nous nous attablons. Délicieux !

Arrivée sur Silda
Le ptit mousse en pleine séance de communication, la batterie du tel. n’y résistera pas

Ancienne cabane de pêcheur reconvertie en bistro

Samedi 20 juillet.
Départ 6h45, il fait beau, le soleil brille et nous réchauffe, 14 degrés. Mais très vite le soleil va être caché par des nuages et nous ferons plus de 10 heures de nav par temps couvert, Nous avancerons même à certains moments à travers une brume assez épaisse pour justifier l’emploi du radar. Nous arrivons dans le port d’Alesund où les places sont rares. Nous n’avons pas d’autre choix que de nous mettre à couple avec une famille norvégienne très accueillante.

Depuis deux jours Dominique suivait le parcours du bateau suisse Hval qui descendait la côte norvégienne. » Nous allons sûrement nous croiser », dit-il. Nous avons fait mieux que cela ! Hval est venu passer la nuit à Alesund et Nathalie et Roland que nous n’avions pas réussi à voir à Genève, nous les avons rencontrés en Norvège !

Dimanche 21 juillet
Hval est reparti tôt ce matin. Nous espérons que le réveil n’a pas été trop dur, car la soirée fut amicale et tardive ! Nous attendons que nos voisins quittent le quai pour prendre leur place. Mais l’inconvénient d’être à quai, c’est que notre bateau intrigue les promeneurs qui n’hésitent pas à toquer contre la coque pour s’assurer qu’il s’agit bien d’un bateau en alu… !

Nous visitons la ville, puis rentrons au bateau. Il tombe des seilles. Un bateau norvégien vient se mettre à couple.
Lundi 22 juillet
Je vais chez le coiffeur.  (Ça coûtera un bras…) Voir le résultat…. qui a la plus belle coupe? les trolls ou le ptit mousse?

Dominique s’occupe du système de purge du diesel. Puis je vais chez un médecin pour qu’il me prescrive un antibiotique ciblé qui mette fin à une cystite récalcitrante ! Nous avons maintenant deux bateaux à couple.

Mardi 23 juillet
Nous attendons le départ des deux bateaux et quittons Alesund. Le soleil n’est pas généreux et sans lui, le paysage montagneux, dont les sommets sont cachés par les nuages, devient gris, froid, inhospitalier. Et vent de face, of course ! Nous nous arrêtons à Bud, petit port charmant avec huit places à quai.

Mercredi 24 juillet
Ce matin une brume épaisse bouche l’horizon, à tel point que le bateau allemand parti ce matin est de retour, jugeant la situation trop dangereuse sans radar. Nous faisons de nombreuses allées et venues pour faire des lessives. Le brouillard s’est levé et le soleil brille, mais le vent souffle. Nous grimpons sur la colline et visitons le musée de la guerre, sachant que la Norvège a été occupée pendant cinq ans par les Allemands.
Le ptit mousse s’est mis à la spéléo, avec enthousiasme!

La visite se fait avec une guide, retraitée, mais qui reprend du service pendant l’été. Elle nous raconte plein d’anecdotes et de souvenirs qu’elle tient de son père et de sa famille, c’est presque de l’histoire vivante !
Jeudi 25 juillet
Il fait grand beau ! Alors tenue allégée… mais le soleil se cache, alors on remet une couche. Et à plusieurs reprises, même scénario !
Petit passage entre cailloux!

C’est dans l’immense baie et port de Kristiansund que nous nous arrêtons. Nous voulons prendre du diesel, mais le Havenmaster nous a repérés et nous indique une place que nous ne pouvons lui refuser ! Il fait à nouveau chaud. On se balade, repère supermarchés, quincaillier, shipchandler : Dominique est content, c’est l’endroit où il faut rester pour bricoler…
Excellent squat pour goélands!

Vendredi 26 juillet
Journée bricolage : Dominique perce, colle et fixe les jerrycans sur le pont On vide la cabine visiteur que nous avions utilisée comme dressing. Il faut donc, ranger, nettoyer. Et il fait chaud, 25 degrés annoncés, c’est l’été ! On achète une bâche pour recouvrir le cockpit, en prévision de l’hivernage au nord de la Norvège, où la neige est abondante.

Samedi 27 juillet
Encore une belle journée estivale, il fait chaud. Dominique s’est attelé à l’électricité de la cabine visiteur. Il répare la lampe du plafonnier et installe deux prises allume-cigares pour que nos hôtes puissent recharger leur téléphone. Le cap sue à grosses gouttes.

Dimanche 28 juillet
Je crois bien que la canicule nous a rattrapés. La nuit été chaude et un orchestre nous a tenu éveillés une partie de la nuit. Aujourd’hui, de la menuiserie pour le cap, des finitions dans la cabine visiteur. En fin d’après-midi nous allons nous balader et mangeons le fameux klippfisk dans un excellent restaurant. Le klippfisk est la morue qu’autrefois les femmes faisaient sécher sur les rochers.

Lundi 29 juillet
La canicule dès le matin, alors pour la première fois nous allons naviguer en tenue légère, légère… A partir de Kristiandsund le paysage se modifie, tout devient rondeur et douceur. Les sommets sont aussi moins élevés.

Gardes-côte norvégiens
Nous faisons un essai de pêche, sans succès, nous manquons de lest.
A deux heures environ de la baie où nous voulions ancrer, le vent se lève et se met à atteindre rapidement les 26 knts. De face évidemment  ! Et la mer se creuse, forme des petites crêtes blanches. Nous renonçons à la baie prévue et songeons à nous mettre à l’abri rapidement. Mais le vent faiblit, s’apaise et nous reprenons notre route initialement prévue. La baie est immense, magnifique avec un seul bateau à l’ancre.

Mardi 30 juillet
Jolie la baie ! Mais quelle nuit ! Minuit une alarme d’ancre, un peu plus tard deuxième alarme d’ancre et encore un peu plus tard une drisse qui tape et empêche le capitaine de dormir. ET à trois heures du matin le vent se lève, forcit rapidement, il faut ajouter de la chaîne.
Pas vraiment le soleil de minuit, mais presque!

A partir de ce moment, plus moyen de dormir : le vent nous balade d’un bord à l’autre.
Nous allons rester, supporter les coups de boutoir d’Eole, en espérant que demain il soit plus clément !
Mercredi 31 juillet
Storfosna La nuit fut pénible jusqu’à 2 heures du matin. Le vent s’est peu à peu calmé. Vers 11 heures. Nous décidons de quitter ce lieu magnifique dont le vent nous a gâché le plaisir. Les montagnes aux dos arrondis se succèdent et nous arrivons à Sandnes, petit port bien abrité.

Jeudi 1er août
Bessaker Nuit divine, pas un pli, pas un bruit ! Malgré le confort de cet endroit, nous le quittons en raison des conditions météo favorables. A Bessaker, nous sommes le seul bateau étranger. Nous mettons une heure pour atteindre le petit village et retour.

Vendredi 2 août
Rorvik C’est calme, lisse, malgré la proximité d’une carrière en exploitation. Les montagnes se reflètent dans l’eau comme dans un miroir. La journée s’annonçait magnifique, mais une fois le soleil disparu, nous remettons des couches de vêtements, bonnets compris ! Après 8 heures de nav et par temps gris nous arrivons dans le port de Rorvik.

Samedi 3 août
Rorvik Je crois bien que pour nous l’été est fini, il n’aura duré que 8 jours !. On a remis le chauffage ce matin… 13 degrés toute la journée. Dominique démonte la table du carré pour accéder au réservoir de diesel et tente de trouver d’où vient la fuite.
Nous allons au centre commercial pour l’avitaillement. Mais Rorvik n’a vraiment rien d’attrayant.

Dimanche 4 août
Ylvingen

La patience… pas le point fort du cap. A 6h45 nous quittons Rorvik pour avancer et nous rapprocher de Bodo. C’est une longue journée de
navigation (10 heures), sous un ciel couvert. Le soleil a quand même daigné se montrer un peu avant notre arrivée.
Le trou du troll

Nous avons passé devant le majestueux Torghatten, montagne qui selon la légende a un trou fait par un Troll. Ce dernier en chassant sa bien-aimée, réalisa qu’il ne pourrait l’obtenir, lança une flèche pour la tuer. Mais le roi des Trolls lança son chapeau pour faire dévier la trajectoire et sauver la belle.

Lundi 5 août
Sandnessjoen 12 degrés aujourd’hui. Départ 8 heures. Nous passons devant les 7 Sœurs, sept montagnes qui se suivent et se ressemblent. Un petit tour dans la ville de Sandnessjoen, c’est désert, beaucoup de vitrines vides…

Mardi 6 août
Innerkwaroga On se lève tôt et allons acheter du diesel. Une fois le réservoir rempli, Dominique constate que la fuite est toujours là. Après une heure de recherche et travaux, il trouvera le coupable ou plutôt la coupable : la connexion du chauffage au diesel. On croise les doigts. Il fait grand beau, et tout de suite plus chaud, mais vent de face… Paysages de montagnes majestueux avec au fond des fjords les premiers névés. Nous nous enfilons dans le minuscule port de Innerkwaroga, un peu rustique.

Mercredi 7 août
cercle polaire arctiquEngen Il fait beau, mais des nuages au loin menacent. On craint un orage. Et bien non  ! Les nuages se dissolvent. Peu après huit heures nous passons devant la boule perchée sur un rocher qui indique que nous avons franchi la LIGNE DU CERCLE POLAIRE ARCTIQUE, oui Madame ! Oui Monsieur !
La boule marque le passage du cercle arctique.

Plus tard, nous nous enfilons dans le fjord qui mène au glacier du Svartisen, deuxième plus grand glacier d’Europe, 370 km2.
Pauvre planète, 75 m. en moins par année, diminution en longueur, largeur et épaisseur!

Mais, hélas, il a reculé de 150 mètres dans sa largeur en deux ans. Tout au fond du fjord, il y a un petit débarcadère où nous nous amarrons. Il fait une chaleur estivale.

En 1900 le glacier finissait dans l’eau et le lac était gelé!
Nous marchons pour nous rapprocher et faire quelques photos du glacier. Nous ne sommes pas seuls… un énorme bateau de croisière déverses par vagues successives ses passagers sur le débarcadère.
Un peu plus tard, les touristes s’en vont et seul notre bateau reste amarré au débarcadère. Nous passons une nuit tranquille face à sa majesté le Svartisen.

Jeudi 8 août
Halsa A 8h15, sac au dos, nous partons pour 3 heures de marche jusqu’au pied du glacier que nous aurons pour nous tout seul, les touristes n’ayant pas encore eu le temps d’arriver. Nous grimpons sur les parties arrondies du bas du glacier, puis dans des sentiers escarpés où je suis souvent à quatre pattes. Le coup d’œil est sublime !

Le ptit mousse un peu réfractaire au début!
Nous quittons cet endroit où les touristes affluent et nous enfilons dans le fjord d’à côté où nous faisons une tentative de pêche infructueuse.
Puis nous allons dans le petit port de Halsa,

Vendredi 9 août
Bodo Dernier jour de beau, annonce la météo, alors il n’y a pas à hésiter, il faut avancer. Soleil, mais brume. Nous arrivons à Bodo avec un grand soleil. Il y a un bateau du CCS dont le seul membre romand nous aide à nous amarrer.
Pas de chance, il y a un bateau à côté de nous avec des foireurs à bord !

Samedi 10 août Bodo
Nous allons au touriste information, au magasin de pêche acheter un leurre plus adéquat. Faisons le tour de la ville, peu attrayante, mal entretenue. Nous marchons beaucoup pour trouver ou ne pas trouver ce que le capitaine recherche : prise USB, un convertisseur, du bois pour bricoler… etc… Puis Dominique retravaille sur le site, mais il galère depuis plusieurs jours, car toutes les données disparaissent. Il contacte le serveur qui ‘n’a pas l’air de comprendre le problème. Excédé, il décide de changer de serveur… Quand nous nous décidons d’aller faire quelques courses, les magasins sont tous fermés ! On se rabat sur une pizzeria.
Nous passerons 10 jours à Bodo. Bricolages, entretien, lessives, démarches administratives en vue du Spitzberg l’année prochaine (douane, police. Aéroport, marchand d’armes etc…) emplissent nos journées.
Et le 21 août arrivent Anne-Claire et Jacques sous une pluie battante ! Heureusement la marina ne se trouve qu’à un kilomètre de l’aéroport.
Jeudi 22 août
Helnes
Il pleut comme vache qui pisse ! Vers 10 heures la pluie se calme et nous larguons les amarres sous un ciel bas. Le soleil apparaîtra un peu plus tard et ce sera une magnifique après-midi ensoleillée.
Le paysage est magnifique : d’un côté des collines ondoyantes et de l’autre côté des montagnes aux arêtes acérées.
Nous faisons une tentative de pêche : échec ! Une deuxième, bingo! 3 maquereaux d’un coup ! Nous n’en croyons pas nos yeux ! A tel point que les poissons profitent de notre hébétude pour se décrocher de l’hameçon et retourner dans la mer !!!
Nous referons une tentative un peu plus tard qui nous permettra de manger 3 maquereaux le soir-même.

Femmes à la barre, caps peinards!
Nous nous arrêtons sur la côte norvégienne à Helnes, petit port très sympathique.

Vendredi 23 août Mortsund
D’après les prévisions météos, la journée aurait dû être sans pluie, mais avec un ciel bas… et ce fut une journée ensoleillée, fraîche avec deux heures de voiles et un soleil radieux pour arriver aux îles Lofoten. C’est un décor sauvage, tourmenté qui nous accueille dans le petit port de pêche de Martsund, entouré de petites maisons rouges, les rorbuers, maisons autrefois destinées aux pêcheurs de cabillauds.
Samedi 24 août Reine
Le soleil est encore au rendez-vous et nous accompagnera une bonne partie de la journée. Avant de nous amarrer à Reine, nous visitons le joli Nusfjord qui est très pittoresque avec ses petites maisons de pêcheurs rouges et ocres.

A Reine nous avons pris un bus pour aller visiter le petit village de A, qui comporte comme il se doit de nombreux rorbuers.

Après une petite marche nous reprenons le bus et assistons à Reine au dépeçage et levée des filets de cabillauds. Le capitaine en pâlit d’envie !
Dimanche 25 août Reine
A 3 heures du matin, la pluie s’est mise à tomber sans discontinuer jusqu’au matin. Le temps étant humide et venteux et la mer mauvaise nous décidons de louer une voiture et de visiter les Lofoten par les voies de terrestres le lendemain.
En attendant c’est restaurant, petite balade, yass et cocooning car la tempête fait rage. Il a même fallu enlever la capote du bateau pour qu’il y ait moins de fardage. Il paraît que ça va être pire demain !
Manque juste un peu de soleil….
Lundi 26 août Reine
Effectivement la nuit fut sinistrée par des rafales qui faisait bouger le bateau avec en prime le grincement des cordages et la mitraillette des drisses qui frappaient la coque !
Avec le véhicule loué nous sommes allés voir les fameuses plages de sable blanc, celle de Ramberg et plus particulièrement celle de Hauklandsand : superbe ! Avec le soleil cela aurait été somptueux !
Mardi 27 août Reine-Bodo
Une traversée de 50 miles (9 heures !) avec rafales jusqu’à ce qu’on atteigne la pleine mer. Puis vent de face et de travers, gite pendant 6 heures. Les Meylan étaient aux anges, belle navigation, peut-être un peu fraîche, un rayon de soleil eut été le bienvenu…

Quant à moi, j’avoue avoir été un peu barbouillée.

Mercredi 28 août Bodo
Nuit calme, sans rafales, sans bruit, mmh !
Après un brunch somptueux à l’hôtel Thon, les messieurs plient les voiles, Anne-Claire fait les bagages et c’est bientôt l’heure de nous séparer de nos amis.
Les jours suivants seront consacrés au désarmement du bateau.
Lundi 2 septembre nous sortons le bateau de l’eau et le 6 septembre nous rentrons à Genève. Yess !